L’inconnu

Je roulais depuis quelque heures sur cette route entourée d’arbre, quand je vis un petit parking fait de gravier où trônait une buvette qui avait l’apparence d’un vieux chalet. 
Je décidais de m’y arrêter un peu, histoire de me réhydrater et de quitter un peu le siège inconfortable de ma vielle voiture. Ayant terminer de me garer, je quittais mon véhicule et me rendis dans la buvette d’un pas tranquille mais fatigués.
Je franchis le seuil de la porte et jetais un regard circulaire sur les lieux. Les murs, le plafond et le sol étaient tous fait du même vieux bois qui donnais un aspect lugubre au lieux. Il y avait quelque tables et chaises qui traînaient un peu partout. Un billard qui ne devait plus avoir servis depuis des lustres trônait au centre de la pièce et un bar fait dans le même ton que le reste longeait le fond de la pièce. 
Il n’y avait personne sur les lieux, a part moi et le barman qui devait avoir une cinquantaine d’années.
Je me rendis donc au bar où je me posai sur l’un des tabourets aussi vieux que le reste.
Le barman se tourna vers moi et m’offrit un sourire las mais amical:
-Bonsoir monsieur, qu’est ce que je vous sert?
-Un café. Bien fort si possible.
-Je vous fait ça tout de suite. »
Il se mit à l’ouvrage et je décidais d’engager la conversation avec cet homme qui devais vivre dans une grande solitude:
-Vous ne devez pas avoir beaucoup de gens qui passent par ici?
-C’est vrai, les client sont rare. Mais, je ne m’en plaint pas, je ne fait pas vraiment ça pour l’argent. J’en ai déjà bien assez. Je m’ennuie chez moi alors je passe mon temps ici où je vois quelque personne par jour. »
Je voulus répondre mais le bruit de la porte qui s’ouvrit me fit tourner la tête vers l’entrée. Un homme venait d’entrer dans la buvette et se dirigeai vers nous d’un pas lent et détendu.
Il était de grande taille et étais habiller d’un costume noir qui devait coûter un certains prix. Son visage étais caché par un chapeau style « gangster des années 60 » de la même couleur que le reste.
Je ne sais pas trop pourquoi mais cet homme ne m’inspirais rien de bon.
Il s’arrêta au niveau du bar et dit d’une voix très grave et glacial au barman:
-Salut Bernard. Comment va tu? »
Le barman jeta un regard plein d’incompréhension à l’inconnu et dit d’une voix incertaine:
-Heu…Très bien. Je ne pense pas vous connaître. Monsieur…
-Tu ne me connais pas, mais moi je te connais très bien…
-Ok. Heu…Je vous sert quelque chose?
-Je ne suis pas venu boire ton café infect Bernard… »
L’inquiétude se lisais maintenant très bien sur le visage crispé de Bernard; sa voix était devenue beaucoup moins sûr:
-Alors, qu’est ce que je peut faire pour vous?
-Mourir serais une bonne chose…
-Je ne vous suis pas là.
-Pas grave, tu vas vite comprendre. »
Sur ces paroles énigmatiques, l’inconnu attrapa le vieux barman par le col de sa chemise, le souleva du sol et le balança par dessus le bar. Le pauvre homme s’envola et atterris lourdement sur le sol, sans avoir compris ce qu’il se passait.
J’eus une monté de colère en voyant ce vieil homme maltraité de cette façon. Ma voix était tremblante de rage quand je m’adressais à l’inconnu:
-Espèce de lâche! Tu n’as rien d’autre à faire que maltraité ce pauvre homme?! »
L’inconnu se retourna vers moi et pour la première fois, je pus voir son visage qu’il cachait en-dessous de son chapeau; ce qui me glaça le sang.
Sa peau couleur charbon n’arrivait pas à cacher les nombreuses cicatrices qui la parcouraient. Ses yeux très sombre me regardaient avec un air meurtrier mais étrangement calme. Il avait un sourire mauvais qui ne faisais que confirmer que j’avais devant moi un homme dont l’idée de tuer ne dérangeais certainement pas. Peut-être même qu’il y prenait du plaisir.
-De quoi te mêle-tu toi? »
Ravalant ma salive difficilement, je lui répondit avec colère mais malgré tou t avec une certaine crainte dans la voix:
-Il n’est même pas capable de se défendre! Tu ne sais pas t’en prendre à quelqu’un d’autre? »
Il ne prit plus la peine de me répondre et se tourna à nouveaux vers le barman qui se relevait difficilement. Malgré ma crainte, je voulus l’attraper par l’épaule pour le forcer à faire autre chose mais me ravisais aussitôt car l’inconnu sortis un immense revolver de sa veste qu’il pointa vers sa pauvre victime qui ne fit plus un geste. Aussi pétrifié que lui, j’assistais à la scène sans savoir que faire. L’être glacial reprit la parole en s’adressant au barman et pour la première fois, je put déceler de la rage contenue dans sa voix au lieux de ce calme froid qu’il avais adopté depuis le début:
-Prêt à mourir fumier?
-Mais pourquoi? Que vous ai-je donc fais?! »
Et comme s’il n’avait attendu que cette question, l’inconnu sortit un papier de l’une de ses poches, le jeta au pied du barman et lui intima:
-Ramasse et regarde! »
Bernard s’exécuta et je le vis devenir encore plus pâle qu’il ne l’était déjà. Il étais complètement terrorisé quand il reprit la parole:
-Non! C’est…c’est impossible!
-Tu as raté ton coup ordure, maintenant, il est temps de payer pour tes actes ignobles! »
L’homme en noir pressa la détente et l’immense revolver se cabra dans un bruit assourdissant. La balle atteignit Bernard en pleine tête qui explosa sous la puissance du tir et des bouts de cervelles se répandirent un peu partout dans la pièce. 
Le meurtrier rangea son revolver encore fumant dans l’échancrure de sa veste et murmuras quelque mots que je ne compris pas. Il quitta ensuite la buvette sans un regard pour moi.
Je restais encore pétrifié par la scène, qui s’était déroulée si vite, pendant une bonne minute puis, je me forçais à bouger et m’approchais du corps sans vie du barman. Je ramassais le papier que l’inconnu avais jeté et le regardais. C’était en fait une photo, une vieille photo. On y voyais une femme noire à côté d’un homme noir aussi, et placé devant eux, deux petit garçon qui devais être leur enfants. L’un des enfant avais des trait similaires à ceux de l’inconnu. C’était donc lui et sa famille, il y a longtemps…
J’empochais la photos d’un geste automatique et quittais les lieux au plus vite. Je devais aller voir la police pour raconter tout ça.
Arrivé à ma voiture, je m’installais au volant et démarrais le moteur. J’eus comme un pressentiment et me retournais pour regarder derrière. Je laissais échappé un hoquet de surprise en voyant l’immense silhouette de l’homme en noir installé sur la banquette arrière, qui me braquais avec son revolver. Il me dit de sa voix redevenue calme:
-Il méritait de mourir, ce n’était qu’une ordure à la retraite.
-Ce…Ce n’est pas une raison. S’il vous a fait du mal, il fallait aller à la police.
-La police ne peut pas m’aider, la prison n’est pas un lieu pour eux… Leur place est enfer et je me charge de les y envoyer. 
-Vous avez dit « leur »? Il n’est donc pas le seul que vous avez l’intention de tuer.
-C’est exact, et vous aller m’y aider… Monsieur Cunningham…

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